Patiente en consultation de chirurgie mammaire discutant avec son chirurgien plasticien
Publié le 21 mars 2026

Sophie m’a appelé en larmes trois mois après son augmentation mammaire. Ses seins semblaient toujours tomber. Le chirurgien avait posé de beaux implants, mais sur une poitrine déjà affaissée. Résultat : du volume, oui, mais au mauvais endroit. Son cas illustre une confusion fréquente. Croire que des prothèses vont « remonter » des seins tombants. Ça ne fonctionne pas comme ça.

Augmentation ou lifting : l’essentiel en 30 secondes
  • Les prothèses ajoutent du volume, elles ne repositionnent pas un sein tombant
  • Le grade de ptose détermine si un lifting est nécessaire (position de l’aréole par rapport au sillon sous-mammaire)
  • Une augmentation seule sur ptose établie peut aggraver l’affaissement avec le temps
  • La combinaison lifting + prothèses est souvent la meilleure option pour les ptoses modérées à sévères

Dans ma pratique de journaliste santé, j’accompagne régulièrement des femmes dans leur parcours d’information avant une chirurgie mammaire. Beaucoup arrivent persuadées que des prothèses suffiront à remonter leur poitrine. La réalité est plus nuancée. Et les erreurs d’indication coûtent cher, autant financièrement qu’émotionnellement.

Ce guide vous aide à comprendre pourquoi l’augmentation mammaire seule échoue dans certains cas de ptose, et comment identifier la bonne intervention pour votre situation.

Pourquoi vos prothèses ne remonteront pas un sein tombant

Soyons clairs d’entrée : l’augmentation mammaire et la cure de ptose sont deux interventions qui répondent à des problèmes différents. L’une ajoute du volume. L’autre repositionne le sein. Mélanger les deux, c’est comme essayer de réparer une fuite avec de la peinture.

Pour comprendre : Imaginez un sac en toile distendu. Y ajouter des objets ne le remontera pas. Au contraire, le poids supplémentaire risque de l’étirer davantage. Pour lui redonner sa forme, il faut d’abord retailler le sac. Vos seins fonctionnent selon le même principe.

Le mécanisme de la ptose est simple à comprendre. Après des grossesses, un allaitement, un amaigrissement important ou simplement avec le temps, l’enveloppe cutanée du sein se distend. La glande mammaire descend. L’aréole suit le mouvement et regarde progressivement vers le bas. Le pôle supérieur du sein se vide.

La position de l’aréole détermine le grade de ptose



Dans cette configuration, poser des implants ne fait qu’ajouter du poids à une structure déjà affaissée. Selon les données de l’ANSM, 29 à 44% des signalements concernant les implants mammaires concernent des prothèses posées depuis plus de dix ans. La durabilité du résultat dépend énormément de l’indication initiale.

Dans les échanges que j’ai eus avec des chirurgiens parisiens, l’erreur la plus fréquente concerne ces patientes venues pour une augmentation alors que leur ptose nécessite d’abord un lifting. Le constat est sans appel : ajouter du volume à un sein mal positionné ne corrige rien. Ce constat, limité à mon exercice en région parisienne, varie selon la qualité cutanée et l’âge de chaque patiente.

Si vous souhaitez explorer les différentes techniques d’augmentation mammaire disponibles, gardez à l’esprit qu’aucune d’entre elles ne corrige à elle seule un affaissement cutané.

Augmentation seule ou lifting : comment savoir ce qu’il vous faut

La question revient à chaque consultation : « Est-ce que des prothèses suffiront ? » La réponse dépend d’un seul critère objectif : où se trouve votre aréole par rapport au sillon sous-mammaire. Ce pli naturel situé sous le sein sert de repère pour évaluer le degré de chute.

Risque d’aggravation avec des prothèses seules : Poser des implants sur une ptose établie peut accentuer l’affaissement avec le temps. Le poids des prothèses tire sur une peau déjà distendue. Mieux vaut corriger d’abord la ptose.

Ptose légère (grade 1) : quand les prothèses peuvent suffire

Si votre aréole se situe au-dessus ou au niveau du sillon sous-mammaire, et que votre peau reste relativement ferme, une augmentation mammaire seule peut être envisagée. Les prothèses vont regonfler le pôle supérieur vidé et redonner une projection naturelle au sein.

Attention toutefois : même dans ce cas, le résultat dépend beaucoup de l’élasticité cutanée. Une peau très fine ou vergeturée pourrait mal supporter le volume ajouté.

Ptose modérée (grade 2) : la zone grise qui nécessite un avis expert

C’est le cas le plus fréquent en consultation. L’aréole se trouve au niveau du sillon, la peau est moyennement distendue. Le choix n’est pas évident. Un lifting des seins associé à des prothèses donne généralement les meilleurs résultats.

Franchement, c’est dans cette zone grise que les erreurs d’indication sont les plus fréquentes. Des prothèses seules peuvent améliorer temporairement l’aspect, mais l’affaissement reprendra ses droits en quelques années.

Ptose sévère (grades 3-4) : le lifting devient indispensable

Quand l’aréole descend nettement sous le sillon et regarde vers le bas, il n’y a pas d’alternative. Le lifting mammaire est obligatoire. La question est alors de savoir si des prothèses seront associées pour redonner du volume, ou si le remodelage seul suffira.

Quel geste pour votre poitrine selon votre situation

  • Aréole au-dessus du sillon + peau ferme :
    Augmentation seule envisageable. Consultez pour confirmer.
  • Aréole au niveau du sillon + peau moyennement distendue :
    Consultation indispensable. La combinaison lifting + prothèses est souvent recommandée.
  • Aréole sous le sillon + peau très relâchée :
    Lifting indispensable, avec ou sans prothèses selon votre volume souhaité.

Ce qui se passe vraiment quand on combine lifting et augmentation

La mastopexie d’augmentation, c’est son nom technique, permet de traiter simultanément deux problèmes : la position du sein et son volume. L’intervention dure environ deux heures sous anesthésie générale. La patiente est positionnée assise pendant l’opération pour permettre au chirurgien d’évaluer la symétrie en temps réel.

L’intervention combinée dure environ deux heures



Le parcours de Sophie, 38 ans

J’ai accompagné Sophie dans son parcours d’information après deux grossesses rapprochées. Elle souhaitait uniquement des prothèses pour retrouver du volume. Mais son dossier médical révélait une ptose grade 2, avec des aréoles au niveau du sillon sous-mammaire. Le chirurgien qu’elle a finalement consulté lui a recommandé une cure de ptose associée à une augmentation modérée. Six mois plus tard, elle m’a recontactée : le résultat correspondait enfin à ses attentes.

Le prix d’une cure de ptose démarre à partir de 4200 euros chez le Dr Vincent Nguyen à Paris. Si des prothèses sont ajoutées, le tarif augmente en conséquence. Cette intervention n’est généralement pas prise en charge par la sécurité sociale, sauf cas exceptionnels d’asymétrie importante ou de malformation.

La mammographie et l’échographie préopératoires ne sont pas négociables. D’après les statistiques ELSAN 2025, 61 214 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués en France en 2023. Ces examens permettent d’écarter toute anomalie avant d’envisager une chirurgie esthétique.

Pour les patientes qui préfèrent éviter les implants, le lipofilling mammaire offre une alternative aux résultats naturels, bien que le volume obtenu soit plus modeste.


  • Première consultation avec le chirurgien plasticien

  • Deuxième consultation + mammographie et échographie préopératoires

  • Consultation avec l’anesthésiste

  • Intervention (environ 2 heures) – sortie le soir ou lendemain

  • Premier contrôle post-opératoire

  • Résultat définitif visible

Le port du soutien-gorge de contention est recommandé pendant six semaines jour et nuit. L’arrêt de travail varie de cinq à quinze jours selon l’activité professionnelle. Les sports ne reprennent qu’après six semaines. D’après la surveillance de l’ANSM, le registre national des implants mammaires est désormais opérationnel, ce qui permet un suivi renforcé des patientes optant pour des prothèses.

Les cicatrices du lifting : ce que les patientes redoutent (à tort)

C’est LE frein principal. Quand je discute avec des patientes, la peur des cicatrices revient systématiquement. « Je ne veux pas ressembler à Frankenstein. » Cette crainte est compréhensible mais souvent disproportionnée par rapport à la réalité.

Les techniques actuelles ont considérablement évolué. Les cicatrices se situent autour de l’aréole (péri-aréolaires), parfois avec une extension verticale jusqu’au sillon, et dans les cas de ptose sévère, une cicatrice horizontale dans le pli sous-mammaire.

Le soutien-gorge de contention est porté pendant six semaines



Idée reçue : Les cicatrices du lifting mammaire restent très visibles toute la vie



Réalité : Les cicatrices s’estompent significativement entre 6 et 18 mois. Elles passent d’un rose vif à une teinte blanchâtre qui se confond progressivement avec la peau. Avec les techniques de suture actuelles (fils résorbables sous-cutanés), le résultat final est souvent à peine perceptible.

Un point rarement abordé : les troubles de sensibilité aréolaire. Ils sont fréquents dans les premières semaines mais régressent généralement entre 6 et 18 mois. Le risque d’insensibilité définitive existe mais reste rare, principalement dans les cas de ptose très importante nécessitant un repositionnement majeur de l’aréole.

L’allaitement reste possible après une cure de ptose dans la plupart des cas. Le risque d’impossibilité augmente uniquement pour les ptoses sévères nécessitant des gestes techniques importants sur les canaux galactophores.

Avant : Cicatrices roses, légèrement en relief, sensibilité modifiée

Après 12-18 mois : Cicatrices blanchies, aplaties, sensibilité revenue, résultat stable

Un conseil : l’arrêt du tabac un mois avant et après l’intervention n’est pas négociable. Le tabac compromet la cicatrisation et augmente significativement le risque de complications.

Vos questions sur le choix entre augmentation et lifting

Peut-on combiner augmentation et lifting dans la même intervention ?

Oui, c’est même la solution la plus fréquente pour les ptoses modérées à sévères. L’intervention dure alors environ deux heures et permet de corriger simultanément la position du sein et son volume.

Combien coûte un lifting mammaire à Paris ?

Les tarifs démarrent à partir de 4200 euros pour une cure de ptose seule. Si des prothèses sont ajoutées, comptez un supplément. Ces interventions ne sont généralement pas prises en charge par la sécurité sociale, mais des exceptions existent pour les asymétries importantes ou malformations.

Les cicatrices sont-elles visibles en maillot ?

Les cicatrices péri-aréolaires et verticales sont cachées par la lingerie et les maillots de bain classiques. Seule la cicatrice en T inversé (pour les ptoses sévères) peut parfois dépasser légèrement, mais elle s’estompe avec le temps.

Puis-je allaiter après une cure de ptose ?

L’allaitement reste possible dans la grande majorité des cas. Le risque d’impossibilité augmente principalement pour les ptoses sévères nécessitant un repositionnement important de l’aréole.

Le lifting mammaire est-il pris en charge par la sécurité sociale ?

La cure de ptose est généralement considérée comme un acte esthétique non remboursé. Des exceptions existent pour les cas d’hypertrophie mammaire importante, d’asymétrie ou de malformation. Pour connaître les critères de prise en charge par l’assurance maladie, consultez un chirurgien qualifié qui pourra évaluer votre situation.

Limites de l’auto-évaluation et consultation indispensable

  • Seul un examen clinique par un chirurgien plasticien qualifié permet de déterminer le grade exact de ptose
  • Les résultats varient selon la qualité de peau, l’âge et les antécédents de chaque patiente
  • Les indications présentées sont générales et ne remplacent pas un diagnostic personnalisé

Risques à connaître :

  • Risque de résultat insatisfaisant si l’indication n’est pas correctement posée
  • Risque de devoir réopérer si l’augmentation seule aggrave la ptose
  • Complications possibles : hématome, infection, troubles de la sensibilité

Consultez un chirurgien plasticien qualifié membre de la SOFCPRE pour un avis personnalisé.

La prochaine étape pour vous

Votre plan d’action avant consultation


  • Observez où se situe votre aréole par rapport au pli sous votre sein (debout, face au miroir)

  • Notez vos attentes précises : volume souhaité, forme, projection

  • Listez vos questions sur les cicatrices, la récupération, le budget

  • Prenez rendez-vous avec un chirurgien plasticien qualifié pour un diagnostic personnalisé

Mon avis après des années à couvrir ce sujet : ne vous fiez jamais à un praticien qui vous promet que des prothèses seules corrigeront votre ptose sans vous avoir examinée. La bonne indication, c’est 80% du résultat. Le reste, c’est la technique. Commencez par la première consultation chez un chirurgien comme le Cabinet Dr Vincent Nguyen à Paris. C’est là que tout se joue.

Rédigé par Laurent Beaumont, journaliste santé spécialisé en chirurgie esthétique depuis 2014. Il collabore avec des chirurgiens plasticiens parisiens pour vulgariser les techniques de chirurgie mammaire auprès du grand public. Son approche privilégie la clarté et l'objectivité pour aider les patientes à faire des choix éclairés.