Chirurgien orthopédique expliquant une radiographie à une patiente senior dans un cabinet médical lumineux
Publié le 27 février 2026

Votre médecin traitant vient de vous orienter vers un chirurgien orthopédique. Et là, vous vous retrouvez face à une liste de noms sur internet, des notes Google qui vont de 3 à 5 étoiles, et cette question qui tourne en boucle : comment savoir si ce praticien est vraiment compétent pour mon cas ?

Soyons honnêtes : les avis en ligne ne racontent qu’une partie de l’histoire. Un chirurgien peut avoir d’excellentes notes parce qu’il est sympathique, sans que cela vous dise quoi que ce soit sur sa maîtrise de votre pathologie précise. J’accompagne des patients dans cette recherche depuis plusieurs années, et l’erreur que je vois le plus souvent ? Se fier uniquement aux étoiles sans vérifier si le praticien opère régulièrement des cas comme le vôtre.

Pourquoi le choix de votre chirurgien orthopédique change tout

Je me souviens de Martine, une ancienne professeure de yoga de 58 ans que j’ai accompagnée l’année dernière. Elle avait consulté deux chirurgiens à Nice avant de trouver celui qui lui convenait. Le premier ? Trop expéditif. Dix minutes de consultation, pas d’explication sur ce qui allait se passer après l’opération, et cette phrase qui l’a glacée : « On vous met une prothèse de hanche et vous remarchez dans trois jours ». Aucun mot sur la rééducation, sur le suivi, sur les risques. Elle est ressortie plus angoissée qu’en entrant.

Ce qui fait la différence entre un chirurgien « compétent » et un chirurgien « adapté à vous », c’est cette capacité à prendre le temps. Un bon praticien n’est pas celui qui opère le plus vite, mais celui qui vous explique pourquoi il vous opère (ou pas), et comment vous allez récupérer. Dans ma pratique, j’observe que les patients satisfaits ne parlent presque jamais de la technique chirurgicale. Ils parlent de l’écoute, de la disponibilité, du sentiment d’être entre de bonnes mains.

L’essentiel pour choisir votre chirurgien en 30 secondes

  • Vérifiez la spécialisation exacte du chirurgien pour votre pathologie
  • Évaluez la qualité du parcours de soin proposé, pas seulement l’acte chirurgical
  • Posez les bonnes questions lors de la première consultation
  • Ne vous fiez pas uniquement aux avis en ligne

Franchement, si vous ne devez retenir qu’une chose de cet article : un chirurgien qui vous convient est celui qui répond à vos questions sans vous faire sentir que vous lui faites perdre son temps.

Les 5 critères qui font la différence pour bien choisir

Je recommande toujours de commencer par vérifier la spécialisation avant même de regarder les avis patients. C’est contre-intuitif, je sais. Mais un chirurgien généraliste de l’orthopédie n’aura pas la même expertise qu’un praticien qui se concentre sur le genou ou la hanche depuis quinze ans.

Spécialisation dans votre pathologie précise

Un orthopédiste peut être excellent sur les prothèses de hanche et moyen sur les ligaments croisés. Selon le CFCOT qui structure la formation en orthopédie-traumatologie, le cursus dure au minimum 12 années, avec une sur-spécialisation en fin de parcours. Ce détail compte : demandez au praticien combien d’interventions similaires à la vôtre il réalise chaque année. Un chirurgien qui en fait trois par mois n’a pas la même routine que celui qui en fait trois par semaine.

Transparence sur le parcours de soin complet

L’erreur classique que je rencontre ? Se focaliser sur l’opération en oubliant tout le reste. Or, un bon chirurgien vous parle spontanément de ce qui se passe avant (consultation d’anesthésie, examens préopératoires) et après (rééducation, consultations de suivi). Si vous devez tirer les vers du nez pour obtenir ces informations, c’est un signal d’alerte.

La qualité du suivi post-opératoire influence directement la récupération



Qualité du suivi post-opératoire

C’est peut-être le critère le plus sous-estimé. Certains praticiens vous revoient une fois à six semaines et considèrent que c’est suffisant. D’autres proposent un suivi rapproché, parfois avec des outils digitaux pour garder le contact entre les consultations. D’après une analyse récente du CERCLH, environ 64 % des interventions chirurgicales se font désormais en ambulatoire. Concrètement, vous rentrez chez vous le jour même, ce qui rend le suivi post-opératoire encore plus critique.

Quel profil de chirurgien selon votre pathologie ?

  • Vous avez une douleur ou arthrose au genou :
    Orientez-vous vers un chirurgien spécialisé genou (arthroscopie, prothèse totale ou partielle). Vérifiez son volume opératoire sur ce type d’intervention.
  • Vous souffrez de la hanche :
    Privilégiez un praticien expert en prothèse totale de hanche, idéalement formé aux techniques mini-invasives (voie antérieure).
  • Vous avez une blessure sportive ou un traumatisme :
    Un chirurgien traumatologue du sport sera plus adapté, habitué aux profils actifs et aux protocoles de reprise d’activité.
  • Vous n’êtes pas certain d’avoir besoin d’une opération :
    Cherchez un praticien qui privilégie l’approche conservatrice. Un bon chirurgien n’est pas celui qui opère systématiquement.

Ces critères s’appliquent d’ailleurs à d’autres spécialités orthopédiques. Si vous avez une pathologie du pied, par exemple, les mêmes questions se posent pour la consultation d’un spécialiste du pied à Nice.

Conseil pratique : Avant de vous fier aux avis Google, vérifiez sur le site du Conseil de l’Ordre des Médecins que le praticien est bien inscrit. Ensuite, demandez-lui directement son volume opératoire annuel sur votre pathologie précise. Un chirurgien transparent vous répondra sans sourciller.

Ce qu’un bon parcours de soin doit inclure (et comment le vérifier)

Je pense souvent à Philippe, un patient de Cagnes-sur-Mer que j’ai orienté il y a deux ans. Il souffrait du genou depuis huit mois et ne savait pas s’il avait vraiment besoin d’une opération. Le premier chirurgien consulté lui avait proposé une intervention quasi immédiate, sans explorer les alternatives. Philippe était sorti de là perplexe : était-ce vraiment la seule option ? Il a finalement trouvé un praticien comme le Dr. Ripoll qui a d’abord tenté des infiltrations et un protocole de rééducation. Six mois plus tard, le genou allait mieux sans passer par le bloc. La leçon ? Un bon chirurgien n’est pas celui qui opère le plus, mais celui qui opère quand c’est vraiment nécessaire.

La préparation du dossier fait partie d’un parcours de soin structuré



Comme l’indique l’Assurance Maladie sur le parcours de soins coordonnés, vous devez être orienté par votre médecin traitant pour consulter un chirurgien orthopédiste. Ce n’est pas qu’une formalité administrative : votre médecin centralise votre dossier et peut vous conseiller sur le choix du spécialiste. Et si vous contournez ce parcours, vous serez moins bien remboursé.


  • Première consultation diagnostic avec le chirurgien

  • Examens complémentaires si nécessaires (IRM, scanner)

  • Consultation d’anesthésie pré-opératoire obligatoire

  • Intervention chirurgicale

  • Consultation de suivi et bilan de récupération

À retenir : La consultation d’anesthésie est obligatoire au minimum 48 heures avant toute intervention programmée. Si un chirurgien vous propose une opération sans mentionner cette étape, posez la question. C’est un bon test de sa rigueur.

Les questions à poser lors de votre première consultation

J’ai remarqué que beaucoup de patients arrivent en consultation sans liste de questions, puis ressortent frustrés parce qu’ils n’ont pas obtenu les réponses qu’ils attendaient. Pourtant, cette première rencontre est votre meilleur moment pour évaluer si ce chirurgien vous convient. Le praticien est pressé et balaie vos interrogations d’un revers de main ? Vous avez votre réponse.

Les 7 questions à poser absolument

  1. Quelle est votre spécialisation exacte ?

    Un chirurgien orthopédique peut avoir un domaine de prédilection. Vérifiez qu’il correspond à votre pathologie.

  2. Combien d’interventions similaires réalisez-vous par an ?

    Le volume opératoire est corrélé à l’expérience. Un praticien qui fait 50 prothèses de hanche par an a plus de routine que celui qui en fait 10.

  3. Existe-t-il des alternatives à la chirurgie dans mon cas ?

    Un bon chirurgien explore les options conservatrices avant de proposer le bloc.

  4. Comment se déroule le suivi post-opératoire ?

    Combien de consultations de contrôle ? Y a-t-il un protocole de rééducation ? Comment vous joindre en cas de problème ?

  5. Quels sont les risques spécifiques à cette intervention ?

    Un praticien transparent vous parlera des complications possibles sans minimiser.

  6. Quel est le délai de récupération réaliste ?

    Méfiez-vous des promesses trop optimistes. Demandez une fourchette honnête.

  7. L’intervention peut-elle se faire en ambulatoire ?

    Selon les statistiques récentes, les cliniques privées atteignent un taux d’ambulatoire de 74 % contre 48 % pour les hôpitaux publics. Cette option peut améliorer votre confort.

Si vous vous interrogez aussi sur l’aspect financier (c’est légitime), n’hésitez pas à consulter les tarifs d’un chirurgien du pied pour avoir une idée des fourchettes pratiquées dans la région.

Votre mémo pour la première consultation



  • Votre liste de questions préparées (imprimée ou sur téléphone)


  • Vos imageries récentes (radiographies, IRM) et comptes-rendus médicaux


  • La liste de vos médicaments actuels


  • Les coordonnées de votre médecin traitant


  • Un accompagnant si vous êtes stressé (quatre oreilles valent mieux que deux)

Vos questions sur le choix d’un chirurgien orthopédique à Nice

Dois-je passer par mon médecin traitant pour consulter un chirurgien orthopédique ?

Oui, c’est fortement recommandé dans le cadre du parcours de soins coordonnés. Votre médecin traitant vous oriente vers un spécialiste adapté et centralise votre dossier. Si vous consultez directement sans cette orientation, votre remboursement sera réduit.

Comment vérifier les diplômes et l’inscription d’un chirurgien ?

Le site du Conseil National de l’Ordre des Médecins propose un annuaire public. Vous pouvez y vérifier que le praticien est bien inscrit au Tableau de l’Ordre, ce qui est obligatoire pour exercer légalement en France. Cette vérification prend deux minutes et vous évite les mauvaises surprises.

Puis-je consulter un chirurgien sans être certain d’avoir besoin d’une opération ?

Absolument. Une consultation ne vous engage à rien. Un bon chirurgien vous dira honnêtement si l’opération est nécessaire ou si d’autres options existent (rééducation, infiltrations, attente vigilante). Dans ma pratique, j’observe que les praticiens qui proposent systématiquement la chirurgie sans explorer les alternatives ne sont pas toujours les plus fiables.

Les avis Doctolib ou Google sont-ils fiables pour choisir ?

Ils donnent une indication sur l’aspect relationnel (ponctualité, écoute, ambiance du cabinet), mais ils ne mesurent pas la compétence technique. Un chirurgien peut avoir une note moyenne de 4,8/5 parce qu’il est aimable, sans que cela vous dise s’il est expert dans votre pathologie spécifique. Utilisez-les comme complément, pas comme critère principal.

Quelle différence entre un orthopédiste et un traumatologue ?

Les deux sont formés en chirurgie de l’appareil locomoteur. L’orthopédiste se concentre souvent sur les pathologies chroniques (arthrose, usure articulaire, prothèses), tandis que le traumatologue traite plutôt les lésions aiguës (fractures, accidents sportifs). En pratique, beaucoup de praticiens combinent les deux compétences, mais avec une dominante. Demandez-leur directement leur spécialité de prédilection.

Le mot de la fin : Choisir un chirurgien orthopédique n’est pas une décision qu’on prend à la légère, et c’est normal d’avoir des doutes. Ce qui compte vraiment ? Trouver quelqu’un qui vous écoute, qui vous explique clairement les options, et qui vous donne confiance dans le parcours à venir.

Plutôt que de vous précipiter sur le premier nom trouvé sur internet, prenez le temps de poser vos questions lors d’une première consultation. Si le courant ne passe pas, vous avez le droit de consulter un autre praticien. Votre corps, votre choix.

Précisions sur le choix d’un chirurgien

  • Ce guide ne remplace pas l’avis de votre médecin traitant qui connaît votre dossier médical
  • Les critères présentés sont généraux et doivent être adaptés à votre pathologie spécifique
  • Chaque situation médicale est unique et nécessite une évaluation personnalisée

Pour une orientation vers un spécialiste adapté à votre pathologie, consultez votre médecin traitant.

Rédigé par Laurent Beaumont, rédacteur santé spécialisé dans le parcours patient en chirurgie orthopédique depuis 2018. Basé dans le Sud de la France, il a accompagné plusieurs centaines de lecteurs dans leur recherche d'information sur les interventions du genou et de la hanche. Son approche privilégie la vulgarisation médicale et l'aide à la décision patient, en collaboration avec des praticiens de terrain.